by Nathalie Damboise
Vernissage de l’exposition Temps d’Espace à la salle de réception de l’hôtel de ville de Québec, avril 2010

Québec la nuit par Nathalie Damboise

Pour moi, c’est la plus impressionnante. C’est aussi la plus inattendue, improbable et même impossible. Ce qui en fait un moment unique et inoubliable.

J’ai reçu une demande de modification sur le site internet d’un de mes clients. Dans son courriel, tout au bas des consignes, il m’écrivit : « Il y a des aurores boréales dans le ciel ce soir, les as-tu photographié? »

Comme je sais que photographier ce type de lumière est très difficile, surtout dans le ciel au dessus d’une ville, j’ai plutôt concentré mon énergie à faire mon travail de mise à jour, avant de partir à la chasse aux aurores.

Mon travail terminé, c’était le moment de faire la mise à jour sur le serveur. Le serveur ne répondait pas et je devais faire en sorte que les informations soient disponibles au petit matin.

Je suis alors partie à la rencontre des aurores boréales. Je n’avais d’autre choix que d’attendre après le serveur. Je ne pouvais rien faire de plus productif que d’aller prendre une marche avec mes équipements, au cas-où. En chemin vers mon point de vue préféré sur Québec, je me suis arrêté sur la rue Dauphine entre la porte Kent et la Chapelle des Jésuites pour y capter la lumière. J’ai pu choisir mon point de vue à ma guise. Car à cette heure, les automobilistes sont rares.

En poursuivant mon chemin, j’observais l’atmosphère lumineuse de l’arrondissement historique et c’était magique. Il faisait froid. Mon souffle condensait à l’expiration. L’air était vivifiant. L’ambiance lumineuse exceptionnelle. J’étais dans un état de contemplation, je vivais un moment privilégié avec Québec.

J’allais mon chemin sans trop me presser. Sans savoir qu’un spectacle d’une exceptionnelle rareté se déroulait au dessus de ma tête.

C’est en haut de la montagne en me retournant pour prendre la mesure du paysage que j’ai compris que je devais agir vite.

M’installer, me mettre au niveau, déployer la tête du trépied, insérer l’appareil photo semblait prendre une éternité devant la fugacité du moment.

Une immense aurore boréale ondoyante sur la ville de Québec. D’une grande intensité. Toutefois elle s’atténuaient de seconde en seconde. J’ai dû calibrer mon temps de pose pour chacune des photographies.

L’aurore c’est apaisée et disparue. Je suis revenu chez-moi, l’oeil brillant, le coeur rempli de joie.

Le serveur c’est réveillé, j’ai pu faire le transfert. En confirmant à mon client que j’avais bel et bien photographié une aurore boréale dans le ciel de Québec.

Ce premier contact avec l’Esprit du lieu fut déterminant pour moi et pour la suite des choses. Cette expérience à la fois magique et surréaliste, m’a inspiré l’idée de faire une série d’études sur la lumière de Québec la nuit, perché à 84 mètres d’altitude avec cette vue imprenable sur le majestueux fleuve St-Laurent.